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[Test] Shadow of the Tomb Raider

L’ombre de Fumseck

(Testé sur une PS4 normale en 1080p en compagnie de mon chat)

Apocalypse Now

L’heure est venue de célébrer une fois de plus le grand retour de Lara Croft dans un nouvel opus Tomb Raider. Dernier épisode en date dans la trilogie du reboot, Shadow of the Tomb Raider vient clôturer l’histoire des origines de Lara commencée en 2013. Il est cette fois-ci développé principalement par le studio canadien Eidos Montréal en collaboration avec Crystal Dynamics. Du côté du scénario, notre aventurière déclenche malgré elle la fin du monde, rien que ça. Vous devez l’aider dans sa quête pour tenter de trouver une solution afin de sauver le monde de cette apocalypse maya !

Tout d’abord, il est bon de rappeler que ce Tomb Raider est un épisode charnière pour la licence. L’équipe travaillant sur le projet a eu la lourde tâche de clôturer l’aventure de manière satisfaisante pour les joueurs du Reboot tout en essayant d’y ajouter de nouveaux éléments sans pour autant dénaturer l’ensemble. Ajoutons à cela, que non loin de là, il existe également des fans de la première heure qui ne demandent qu’à voir un retour de nombreuses énigmes dans les périples de Lara Croft. D’emblée, la tâche est ardue et s’attaquer à un projet de cette ampleur apporte forcément son lot de dissonances. Alternant entre le chaud et le froid, Shadow of the Tomb Raider ne déroge pas à la règle et je vous explique ce qui m’a amené à ce raisonnement.

Band of Brothers

Tout au long de l’aventure, ce Tomb Raider réserve de bonnes surprises scénaristiques. Sans entrer dans les détails pour ne pas spoiler, j’ai adoré la séquence du rêve de Lara qui est teintée de nostalgie et fait ressentir différentes émotions par rapport aux situations et à la musique qui nous accompagne. Autre moment très drôle et plein de charme, celui où Lara décide de donner un jour de repos à Jonah avec une idée bien précise en tête. Le regard et le sourire de Lara dans cette cinématique font d’elle un personnage très humain, c’en est presque troublant. Lara et Jonah ont des échanges très réels entre eux. Cela donne une vraie authenticité à ce duo d’amis qui fonctionne plutôt bien, ils nous font facilement passer du rire aux larmes. Toutefois, si les studios en charge du projet pouvaient arrêter de faire des histoires qui tournent autour des Trinitaires après cette trilogie, ce serait vraiment appréciable parce qu’on en peut plus.

Là où le bât blesse, c’est au niveau de la cohérence globale du déroulement de l’aventure. Pour ne rien vous cacher, après avoir terminé le jeu, j’ai eu beaucoup de mal à émettre un avis sur ce à quoi je venais d’assister. Pas que le jeu soit mauvais mais il m’a semblé terriblement décousu, ce Tomb Raider s’articule sur différentes phases de gameplay. De l’exploration qui rappelle Horizon Zero Dawn et Uncharted 4, mention spéciale pour Paititi et San Juan. Des scènes à grand spectacle où tout s’écroule comme dans Tomb Raider Reboot. De l’action avec des combats et infiltration à la Rise of the Tomb Raider. Et enfin, le retour des énigmes comme dans les anciens Tomb Raider. Désolé pour les comparaisons que je voulais éviter mais c’est la meilleure façon d’expliquer mon ressenti sur cette expérience de jeu. Tous les ingrédients étaient là pour en faire une conclusion convaincante mais hélas j’ai juste eu la sensation désagréable d’avoir l’impression de jouer à plusieurs jeux à la fois. Tout ne va pas vraiment ensemble et ça en devient vite déroutant. On ne sait pas trop où veulent nous emmener les développeurs à part dans les limbes de notre incompréhension. Et cela pose problème car au lieu d’être complètement investi dans le scénario, on a tendance à sortir un peu plus de l’histoire à chaque changement de phase de gameplay. Ce qui est vraiment dommage c’est que les énigmes sont efficaces, les combats avec les phases d’infiltration aussi mais pourtant il manque un petit quelque chose pour lier tout ça.

Le système de couverture est toujours aussi efficace depuis Rise of the Tomb Raider. Il est possible de différencier les ennemis grâce à des marqueurs rouges et jaunes. Ceux en rouge sont à éviter car ils sont dans le champ de vision des autres ennemis alors que ceux en jaune sont vulnérables. Ces couleurs sont maintenant plus vives et cela permet de rendre les phases d’infiltration plus précises qu’auparavant. Pour rendre ces affrontements plus créatifs, vous pouvez également vous camoufler dans des hautes herbes aussi bien au sol qu’au mur et même recouvrir Lara de boue pour qu’elle se fasse plus discrète. Autant vous dire que John Rambo est en PLS à la lecture de ces lignes.

G.I. Jane

On peut souligner l’effort de mettre l’exploration en avant comparé aux phases d’action et de gunfights qui se font beaucoup plus rares que dans les précédents jeux. Autre point vraiment positif, le retour de nombreuses énigmes dans la quête principale de Lara. C’était quelque chose qui manquait cruellement à la licence et si vous êtes fan de la Lara pré-Reboot, cela devrait dans la logique vous plaire. Shadow of the Tomb Raider est meilleur que ses prédécesseurs au niveau de l’exploration et des énigmes puisqu’il propose des environnements variés et plus grands qu’auparavant, le nombre d’espèces animales a également augmenté. Les tombeaux et cryptes sont de retour, c’est une partie du jeu appréciée par de nombreux joueurs mais le fait qu’ils soient optionnels me dérange terriblement. Tomb Raider se doit d’être un jeu à énigmes et exploration, se dire que des joueurs vont passer à côté de ces énigmes qui sont réellement les meilleurs passages du jeu. Je trouve ça vraiment incroyable qu’on en soit arrivé là, c’est tout simplement une aberration depuis Rise of the Tomb Raider. À part l’énigme du tombeau avec les nombreux miroirs qui est vraiment difficile, le reste aurait quand même pu trouver sa place dans le jeu sans pour autant bloquer ou frustrer le joueur dans sa progression. Dans cette ère du Reboot, nous avons Lara qui parle à voix haute et l’instinct de survie qui met en surbrillance les éléments avec lesquels on peut interagir, c’est quand même dommage de ne pas en tirer partie dans ce sens.

Shadow of the Tomb Raider est un jeu qui tente de ravir aussi bien les fans de challenge que les joueurs étant là plutôt pour la découverte du voyage en mode relax et c’est bien là le problème. À force de vouloir jouer sur plusieurs tableaux, il est difficile d’exceller dans toutes les catégories. L’exploration manque de rythme et pourtant c’est une bonne chose de ne pas avoir intégré trop de combats, nous avons également des énigmes très chouettes mais certaines restent hélas optionnelles. Ce Tomb Raider est au final, un jeu à la carte. Une nouveauté qui est malgré tout plein de bonnes intentions mais qui reste dans la même optique que citée précédemment c’est la possibilité de pouvoir maintenant régler indépendamment la difficulté des combats, de l’exploration et des énigmes. Cette option n’est pas aussi utile qu’on voudrait bien le penser et il serait plus pertinent de simplement remettre des difficultés de manière plus classique sans ces trois niveaux de personnalisation. Un joueur qui a envie de challenge basculera tout simplement son jeu en difficile ou en obsession mortelle à tous les niveaux. À la limite, juste proposer une option pour retirer les balises blanches serait suffisante.

Puisque nous sommes dans les nouvelles fonctionnalités, Shadow of the Tomb Raider embarque un mode photo qui est un véritable délice ! Difficile de ne pas s’arrêter un peu partout pour prendre des souvenirs, sans oublier de mentionner que l’on peut maintenant faire des selfies en modifiant les expressions de Lara pour ensuite les partager sur les réseaux sociaux. C’est un mode que j’adore dans toutes les productions actuelle et c’est vraiment une bonne chose de l’avoir intégré à la licence Tomb Raider. Ce nouvel opus propose également d’assembler le haut et le bas de la tenue de Lara de manière indépendante. Malheureusement, on se coltine des tenues moches à plumes ainsi que des peaux de bêtes mortes, un bonheur. Je comprends l’aspect traditionnel et immersif d’intégrer ce type de tenues à l’aventure mais ce n’aurait quand même pas été du luxe d’intégrer plus de vêtements un poil caricaturaux d’aventurière dans le jeu sans tous ces artifices. Cela dit, merci pour les skins retro, c’est toujours un plaisir de retrouver notre ancienne Lara pleine de polygones.

Saving Private Ryan

Sur l’aspect technique, ayant testé le jeu en 1080p sur une PS4 normale, je n’ai pas été sincèrement ébloui par la beauté du soft, il m’a même semblé moins beau que Rise of the Tomb Raider. Les screens des versions PS4 Pro et Xbox One X donnent visiblement une plus-value appréciable au jeu. La BO du jeu est vraiment excellente, le travail effectué par Brian D’Oliveira ainsi que par le reste de l’équipe en charge de l’aspect audio est vraiment remarquable. Chaque musique qui accompagne Lara dans les différents niveaux est parfaitement adaptée à la situation et les bruitages inquiétants sont bien calculés également. Ce n’est pas compliqué, s’il y a juste une chose à retenir de cet opus, c’est sa musique. Le jeu propose une version anglaise interprétée par Camilla Luddington mais aussi une version française par Anna Sigalevitch. J’ai ressenti le jeu de différentes manières en VO et en VF, l’interprétation de Camilla est pour moi la meilleure car elle colle vraiment au personnage depuis 2013. La version française du jeu est, pardonnez-moi, vraiment mauvaise. Anna Sigalevitch est pourtant une doubleuse professionnelle qui a totalement compris l’évolution du personnage de Lara mais il n’y a rien à faire, je n’aime pas la VF de ce jeu. Sa voix donne un air d’adolescente emo déprimée à Lara Croft alors que ce n’est pas du tout le cas avec Camilla qui apporte une vraie authenticité au personnage. Eidos Montréal a eu la bonne idée d’intégrer un mode immersif au jeu, c’est-à-dire que les habitants que l’on croise dans le jeu peuvent, au choix, parler leur langue d’origine ou en anglais/français. J’adore cette idée et j’ai bien entendu très vite basculé le jeu avec Lara en VO et le mode immersif activé. L’expérience de jeu s’en voit tout de suite améliorée.

Shadow of the Tomb Raider est un jeu qui avait de nombreux bugs lors de son lancement le 14 septembre et cela même avec le patch day one 1.03. On ne va pas en faire la liste mais elle était sacrément longue et il est clair que ce jeu a eu de la chance de sortir à une époque où les patchs existent. Pour ma part, il a fallu attendre la mise à jour 1.05 environ 3 semaines après la sortie du jeu pour voir ces problèmes bloquant le trophée platine, enfin réglés. C’est quand même fâcheux d’avoir l’impression de faire office de bêta testeur en achetant un jeu le jour de sa sortie.

Avec de l’exploration à l’intérêt un peu faiblard, un scénario en demi-teinte et un gameplay maîtrisé mais pas cohérent dans son ensemble, Shadow of the Tomb Raider n’est pas la conclusion rêvée que l’on pouvait attendre. Il brille par contre grâce à ses énigmes ne manquant pas de piquant, aux échanges complices entre Jonah et Lara et de par sa BO impeccable. Ce dernier Tomb Raider de la trilogie du Reboot n’est pas une aventure que l’on a déplaisir à parcourir mais à mon grand dam, on l’a déjà gentiment oublié une fois terminé. C’est un jeu plein de bonnes intentions mais comme vous le savez, l’enfer en est également pavé.

Note : 6/10

© Lara Croft France

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